|
|
|
| |
 |
| |
450 € 30x40cm à 3 000 € 150x150cm |
|
|
|
| |
 |
| |
| Si la couleur joue encore avec les complémentaires, aujourd'hui, les clair-obcurs semblent délaissés au bénéfice du chaud et du froid, ces contrastes qui ne sont jamais d'ombre et de lumière. Cette lumière qui est partout, pourtant. Nous scrutons les objets dans des semblants ensommeillés de contre-jours où ils veillent, incandescents, irradiant leur énergie vitale. Nous sentons le souffle brûlant des meules comme des spirales enflammées, la fraîcheur des baigneuses à la nudité abstraite, noyée dans le tourbillon d'eau bleue d'une fin d'après-midi, l'odeur d'automne des fruits mûrs débordant d'une caisse aux tons sourds. Volontairement, dans cette peinture-là, le choix des sujets favorise le travail et la manipulation de la matière. Lassé d’imiter la réalité, l’artiste trop consciencieux chercherait-il dans la réalité ce qui imite l’art? Des fétus de paille comme des traits de couleur sur une toile de sac, des cageots d'oranges aux panneaux imprimés de représentations sommaires, un paysage de carte postale comme un tableau anecdotique dans une maison de paysans... Le style glisse vers l'expressionime avec une pâte épaisse, des empreintes laissées par le couteau, la brosse ou les doigts, surfaces saillantes ou fibreuses, minérales ou végétales, modelées, caressées pour le velouté d'un visage, rayées d'une pointe de bois pour la vivacité d'un trait, mélangées à du sable pour un terrain rugueux, hostile, rustique comme une sculpture peinte ou plutôt, comme une peinture sculptée. Il y a des sertis qui renouent les liens du peintre à ses vieilles habitudes d'auteur de BD et à son goût pour le cloisonnisme. Ça rappelle des images comme les chefs-d'oeuvre qu'on voit sur les boîtes de crayons, les calendriers, quelque chose de terriblement familier. Ça serait devenu comme ces recettes de cuisine de grand'mère qu'on refait toutes les semaines, jusqu'à l'indigestion parce qu'on n'en connaît pas d'autres, si, à force de se perdre dans la contemplation du monde connu, on n'avait pas fini par passer de l'autre côté du miroir... |
|
|
|