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370 € 20x20cm à 9 000 € 160x160cm |
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| du 14/12/2009 au 15/12/2010 |
dernières oeuvre de l'artiste 75006 PARIS |
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Artiste qui exprime simplement les émotions de tous les jours sans ignorer le malheur qui nous entoure.
« La vie à fleur de toile… »
En peinture comme en musique la notion de composition est essentielle et pour l’une comme pour l’autre se joue l’ultime suspension du temps et l’émotion. C’est bien cela que recherche et atteint Christine Vannier lorsqu’elle trace sur la toile les lignes de ses compositions, cette émotion qu’elle ressent et transmet et que, dit-elle, elle doit autant à son amour de la couleur qu’à celui qu’elle voue depuis toujours à la musique.
La peinture de Christine Vannier s’esquisse donc comme une peinture de mélomane, qui «ressent» la musique de la même manière que la lumière traverse ses toiles, comme la plus positive des émotions, la sensation de la fulgurance de la vie.
Plus que jamais, la peinture de Christine Vannier s’affirme dans cette fulgurance, dans cette sorte de liberté d’expression qui n’aurait de limite que l’inspiration et l’imagination de l’artiste. De même que les émotions, plus souvent que les histoires, guident son inspiration, l’émotion esthétique, plus souvent que le discours, s’offre dans son apparente simplicité au regard du spectateur.
Et la passion joyeuse qui anime Christine Vannier, la sincérité avec laquelle elle s’investit dans son art, et sa simplicité, touchent, indéniablement.
L’œuvre d’art, dit-on souvent, est pour l’artiste une « extension de soi », une projection de sa vision du monde, une expression, au sens propre, de soi. Pour Christine Vannier, la création artistique semble avant tout un mode de vie, une respiration aussi naturelle que nécessaire.
Depuis plusieurs années, l’artiste a fait le choix de l’abstraction, vecteur par excellence de la pure sensibilité. Fenêtres ouvertes sur l’imaginaire, les peintures abstraites de Christine Vannier offrent délibérément une liberté d’interprétation telle que chacun puisse y puiser la matière de ses propres images, de ses propres rêves.
Mais ce faisant, quelque direction que prenne son travail, grand ou petit format, ampleur du geste ou travail plus minutieux, ou même lorsqu’elle se lance dans la figuration, son univers, son identité visuelle, son style reste éminement reconnaissable. Elle réussit ainsi à dissoudre d’une manière originale les frontières entre l’abstraction et la figuration, parvenant à produire des images dans lesquelles les deux formes de représentations cohabitent, sans en passer par la «semi-figuration». Dans l’abstraction, l’image se révèle à l’artiste alors même qu’elle est en train de se faire, alors que la figuration, si elle impose certes une image déja représentée, ouvre à un autre univers de possibilités : celui de raconter une histoire. Un nouvel espace de création aussi infini que peuvent l’être la musique ou la littérature qu’explorera sans doute l’artiste avec le même bonheur et la même passion.
L’artiste aime à voir ses oeuvres comme des tableaux « vivants ». Pas seulement parce que les couches de pigments en glacis leur donnent une nature organique, une densité vivace que seule permet cette technique ancestrale et minutieuse. Mais aussi parce que leur existence s’inscrit dans une sorte de temporalité. Ni tout à fait identiques à eux-mêmes, ni jamais totalement métamorphosés, ils vivent -vibrent- du hasard conjugué de leurs transparences colorées et du temps qu’il fait, de l’heure du jour, de la lumière, de notre regard du moment. Infini territoire d’exploration, l’oeuvre révèle des nuances, insoupçonnées la veille ; une certaine luminosité la dévoilera un autre jour, autrement. Tableaux « animés » ? Ils portent en eux quoiqu’il en soit ce « supplément d’âme » qui dépasse la simple harmonie de la composition, séduit et étonne longtemps, comme un ami fidèle.
Si les couleurs sont un langage, le chromatisme lumineux de ses œuvres fait merveille. Les couleurs profondes claquent, des couleurs comme des affirmations passionnelles, rouges très carminés, bleus profonds, jaunes dorés, et le noir...Ce noir-là est un noir lumineux, puissant, vibrant et presque organique, un noir fascinant comme celui d’un Soulages.
Christine Vannier n’aura pas été architecte pour rien. De ce passé de « bâtisseuse », lui reste un solide sens de l’équilibre, de la structure, de la matière.
Jeux de transparences, d’opacité et de brillances, travail au couteau, couches supérieures laissant voir par grattage les couches du dessous, et parfois même inclusion de matériaux, fines tresses de cordes dans de délicats effets d’épaisseur, comme des sutures dans le tableau, suggérant en douce sa dimension organique et vivante, et contrastant avec un minimalisme léger qui tient davantage de la quiétude japonisante que de la rigueur radicale de l’art concret. Indéniablement, il n’est pas une oeuvre aui ne soit minutieusement composée, texturée, mise en volumes et en profondeur, en un mot, architecturée.
De toile en toile se construit l’univers de l’artiste, presque « malgré elle » : des « restes de la veille », comme elle dit, et de la distance de la nuit naît au lendemain l’amorce d’une nouvelle toile, dont elle ne sait encore rien, mais qui la guide, jusqu’à son achèvement. Dans une sorte de frénesie où la vie et la création se confondent dans le même élan, une toile en appelle une autre, à l’infini.
Et parce qu’il faut que l’œuvre vive, et qu’elle vive avec nous, rien n’est fini avant qu’elle ne passe « l’épreuve du salon », sorte de test darwinien étonnant . Sortir la toile de l’atelier, la plonger dans un milieu exogène –le salon, lieu de convivialité-, et expérimenter sa capacité à s’y adapter…Voilà un examen de passage inédit, accordant à l’œuvre d’art une vocation que les institutions muséales ne sauraient lui donner : celle d’une compagne pour la vie.
Marie Deparis-Yafil
Juin 2006 – Octobre 2009 |
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